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Sustainable Resource Use Mesopotamian Marshlands
L'étude du PNUE tire la sonnette d'alarme sur la disparition
des marais de la Mésopotamie
Environ
85% des marais de la Mésopotamie, les plus grands marécages
du Moyen Orient et un des écosystèmes en eau potable
les plus extraordinaires au monde ont été perdus,
en grande partie en raison de drainages et de constructions de barrage.
L'étude du PNUE se base sur des images satellite historiques
et nouvelles pour documenter graphiquement l'ampleur et la vitesse
de leur disparition.
Malgré des avertissements intermittents mettant en garde
contre le déclin imminent des terres marécageuses
de la Mésopotamie, peu d'actions immédiates ont été
entreprises pour éviter un tel sort. La situation difficile
de l'Irak pendant ces 10 dernières années a limité
l'accès aux marais et entravé la surveillance de ce
qui s'y passait. En conséquence, ce désastre écologique
majeur, grandement comparable de par son ampleur et sa rapidité
à l'assèchement de la Mer d'Aral et à la déforestation
de grandes parties de l'Amazonie n'a, jusqu'à présent,
presque pas fait l'objet de rapports.
Les terres marécageuses, qui recouvrent complètement
une partie des terres traversées par le Tigre et l'Euphrate,
sont situées au confluent des deux fleuves, au sud de l'Irak.
Ils s'étendent également sur une partie de l'Iran.
L'étude montre que la surface de ces vastes terres marécageuses
qui recouvraient autrefois de 15 000 à 20 000 km² s'élève
maintenant à moins de 1 300 km².
La cause du déclin est surtout la construction de barrages
en amont et les plans de drainage mis en place depuis les années
70. Le Tigre et l'Euphrate font partie des fleuves les plus endigués
au monde. Pendant les 40 dernières années, les deux
fleuves ont été fragmentés par la construction
de plus de 30 grands barrages, dont la capacité de stockage
est nettement supérieure au volume des deux fleuves. En fermant
le robinet, les barrages ont réduit de manière substantielle
l'eau disponible pour les écosystèmes situés
en aval, et éliminé ainsi les crues qui nourrissaient
les marais.
Cependant, la cause immédiate de la perte des marais a été
les massifs travaux de drainage du sud de l'Irak au début
des années 90, après la seconde guerre du Golfe. Même
si certains des travaux de construction avaient pour but de traiter
la salinisation chronique de la région située entre
les fleuves ce qui, d'un point de vue historique, représente
le problème environnemental majeur de la Mésopotamie,
ils furent amplifiées afin d'assécher les marais.
Des images satellite récentes fournissent une preuve évidente
que ces terres marécageuses, qui étaient autrefois
vastes, se sont asséchées pour devenir des déserts
avec de larges étendues incrustées de sel. De plus,
les images satellite montrent que seule une faible portion des marais
a été reconvertie en terres agricoles.
Il ne reste qu'une petite frange, au nord du marais d'Al-Hawizeh,
chevauchant la frontière entre l'Irak et l'Iran (connue sous
le nom d'Hawr Al-Azim en Iran). Même ce dernier vestige périclite
rapidement, car il ne peut être approvisionné en eau
en raison de nouveaux barrages qui détournent l'eau à
des fins d'irrigation.
L'effondrement de la communauté arabe des marais, peuple
indigène distinct qui habite ces terres marécageuses
depuis des millénaires, ajoute une dimension humaine à
ce désastre environnemental. Environ 40 000 ressortissants
de cette population, estimée à un demi million, vivent
maintenant dans des camps de réfugiés en Iran tandis
que le reste est déplacé à l'intérieur
de l'Irak. Une culture vieille de 5000 ans, héritière
des anciens Sumériens et Babyloniens est sérieusement
menacée de disparition.
L'impact de l'assèchement des marécages a été
tout aussi dévastateur pour la faune autrefois foisonnante,
avec des conséquences de taille sur toute la biodiversité,
de la Sibérie à l'Afrique du Sud. On estime que la
disparition du marais, région vitale pour les espèces
d'oiseaux migrateurs, met en péril 40 espèces de gibier
d'eau et a considérablement réduit leur population.
Les espèces de mammifères et de poissons qui n'existaient
que dans ces terres marécageuses sont maintenant considérées
comme éteintes. Au nord du Golfe Persique, la pêche
côtière, qui dépend des terres marécageuse
pour la frayère et la nourriture, a aussi enregistré
un fort déclin.

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Marais de la Mésopotamie en 1973-76
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Marais de la Mésopotamie en 2000 |
Faits : L'analyse des images du
satellite Landsat a révélé une très forte réduction de
la zone marécageuse (90%). La plupart des terres marécageuses
sont maintenant stériles. Il ne reste plus qu'une petite portion
des marais de Al-Hawizeh, à cheval sur la frontière entre l'Irak
et l'Iran, mais elle s'amenuise rapidement en raison de la présence
de projets hydrauliques en aval.
(Cartes Copyright@2001 PNUE/DEWA/GRID-Europe) |
Malgré cette tragique catastrophe environnementale et humaine,
le PNUE croit qu'il y a encore de l'espoir. Les gardiens de ce trésor
naturel doivent prendre des mesures drastiques pour préserver
ce qu'il reste des marais transfrontaliers d'Al-Hawizeh/Al-Azim
avant qu'il ne soit trop tard. Le PNUE demande aussi à l'Irak,
aux autres pays riverains et aux donateurs internationaux d'allonger
la durée de vie des ces marais de la Mésopotamie en
réévaluant le rôle des travaux de construction
hydraulique et en les modifiant le cas échéant pour
essayer de recréer à long terme des crues contrôlées.
Pour finir, le PNUE propose une approche intégrée
pour le bassin versant, impliquant les trois principaux pays riverains
(Irak, Syrie et Turquie ainsi que l'Iran pour les affluents du Tigre)
et ayant pour but de gérer de manière durable les
ressources en eau décroissantes et de renverser les tendances
environnementales négatives de la région. Continuer
dans la même voie serait signer l'arrêt de mort écologique
de toute la région du bas de la Mésopotamie et, pour
finir, ne permettrait pas aux générations futures
d'y vivre.
Le PNUE conseille donc vivement aux pays riverains de renouveler
le dialogue et d'adopter un accord international sur le partage
des eaux du Tigre et de l'Euphrate dans l'intérêt de
la population et de la nature, et afin d'assurer que les marais
soient correctement approvisionnés en eau. Afin d'aider à
stimuler le processus et de mieux le conseiller, le PNUE collabore
avec des organisations régionales pour réaliser une
évaluation scientifique complète du bassin de l'Euphrate
et du Tigre, ce qui devrait fournir les bases scientifiques pour
une gestion améliorée des deux fleuves.
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