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· 18 Mai 2001: L'étude du PNUE tire la sonnette d'alarme sur la disparition des marais de la Mésopotamie
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L'étude du PNUE tire la sonnette d'alarme sur la disparition des marais de la Mésopotamie

Environ 85% des marais de la Mésopotamie, les plus grands marécages du Moyen Orient et un des écosystèmes en eau potable les plus extraordinaires au monde ont été perdus, en grande partie en raison de drainages et de constructions de barrage. L'étude du PNUE se base sur des images satellite historiques et nouvelles pour documenter graphiquement l'ampleur et la vitesse de leur disparition.

Malgré des avertissements intermittents mettant en garde contre le déclin imminent des terres marécageuses de la Mésopotamie, peu d'actions immédiates ont été entreprises pour éviter un tel sort. La situation difficile de l'Irak pendant ces 10 dernières années a limité l'accès aux marais et entravé la surveillance de ce qui s'y passait. En conséquence, ce désastre écologique majeur, grandement comparable de par son ampleur et sa rapidité à l'assèchement de la Mer d'Aral et à la déforestation de grandes parties de l'Amazonie n'a, jusqu'à présent, presque pas fait l'objet de rapports.

Les terres marécageuses, qui recouvrent complètement une partie des terres traversées par le Tigre et l'Euphrate, sont situées au confluent des deux fleuves, au sud de l'Irak. Ils s'étendent également sur une partie de l'Iran. L'étude montre que la surface de ces vastes terres marécageuses qui recouvraient autrefois de 15 000 à 20 000 km² s'élève maintenant à moins de 1 300 km².

La cause du déclin est surtout la construction de barrages en amont et les plans de drainage mis en place depuis les années 70. Le Tigre et l'Euphrate font partie des fleuves les plus endigués au monde. Pendant les 40 dernières années, les deux fleuves ont été fragmentés par la construction de plus de 30 grands barrages, dont la capacité de stockage est nettement supérieure au volume des deux fleuves. En fermant le robinet, les barrages ont réduit de manière substantielle l'eau disponible pour les écosystèmes situés en aval, et éliminé ainsi les crues qui nourrissaient les marais.

Cependant, la cause immédiate de la perte des marais a été les massifs travaux de drainage du sud de l'Irak au début des années 90, après la seconde guerre du Golfe. Même si certains des travaux de construction avaient pour but de traiter la salinisation chronique de la région située entre les fleuves ce qui, d'un point de vue historique, représente le problème environnemental majeur de la Mésopotamie, ils furent amplifiées afin d'assécher les marais. Des images satellite récentes fournissent une preuve évidente que ces terres marécageuses, qui étaient autrefois vastes, se sont asséchées pour devenir des déserts avec de larges étendues incrustées de sel. De plus, les images satellite montrent que seule une faible portion des marais a été reconvertie en terres agricoles.

Il ne reste qu'une petite frange, au nord du marais d'Al-Hawizeh, chevauchant la frontière entre l'Irak et l'Iran (connue sous le nom d'Hawr Al-Azim en Iran). Même ce dernier vestige périclite rapidement, car il ne peut être approvisionné en eau en raison de nouveaux barrages qui détournent l'eau à des fins d'irrigation.

L'effondrement de la communauté arabe des marais, peuple indigène distinct qui habite ces terres marécageuses depuis des millénaires, ajoute une dimension humaine à ce désastre environnemental. Environ 40 000 ressortissants de cette population, estimée à un demi million, vivent maintenant dans des camps de réfugiés en Iran tandis que le reste est déplacé à l'intérieur de l'Irak. Une culture vieille de 5000 ans, héritière des anciens Sumériens et Babyloniens est sérieusement menacée de disparition.

L'impact de l'assèchement des marécages a été tout aussi dévastateur pour la faune autrefois foisonnante, avec des conséquences de taille sur toute la biodiversité, de la Sibérie à l'Afrique du Sud. On estime que la disparition du marais, région vitale pour les espèces d'oiseaux migrateurs, met en péril 40 espèces de gibier d'eau et a considérablement réduit leur population. Les espèces de mammifères et de poissons qui n'existaient que dans ces terres marécageuses sont maintenant considérées comme éteintes. Au nord du Golfe Persique, la pêche côtière, qui dépend des terres marécageuse pour la frayère et la nourriture, a aussi enregistré un fort déclin.


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Marais de la Mésopotamie en 1973-76

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Marais de la Mésopotamie en 2000
Faits : L'analyse des images du satellite Landsat a révélé une très forte réduction de la zone marécageuse (90%). La plupart des terres marécageuses sont maintenant stériles. Il ne reste plus qu'une petite portion des marais de Al-Hawizeh, à cheval sur la frontière entre l'Irak et l'Iran, mais elle s'amenuise rapidement en raison de la présence de projets hydrauliques en aval.
(Cartes Copyright@2001 PNUE/DEWA/GRID-Europe)

Malgré cette tragique catastrophe environnementale et humaine, le PNUE croit qu'il y a encore de l'espoir. Les gardiens de ce trésor naturel doivent prendre des mesures drastiques pour préserver ce qu'il reste des marais transfrontaliers d'Al-Hawizeh/Al-Azim avant qu'il ne soit trop tard. Le PNUE demande aussi à l'Irak, aux autres pays riverains et aux donateurs internationaux d'allonger la durée de vie des ces marais de la Mésopotamie en réévaluant le rôle des travaux de construction hydraulique et en les modifiant le cas échéant pour essayer de recréer à long terme des crues contrôlées.

Pour finir, le PNUE propose une approche intégrée pour le bassin versant, impliquant les trois principaux pays riverains (Irak, Syrie et Turquie ainsi que l'Iran pour les affluents du Tigre) et ayant pour but de gérer de manière durable les ressources en eau décroissantes et de renverser les tendances environnementales négatives de la région. Continuer dans la même voie serait signer l'arrêt de mort écologique de toute la région du bas de la Mésopotamie et, pour finir, ne permettrait pas aux générations futures d'y vivre.

Le PNUE conseille donc vivement aux pays riverains de renouveler le dialogue et d'adopter un accord international sur le partage des eaux du Tigre et de l'Euphrate dans l'intérêt de la population et de la nature, et afin d'assurer que les marais soient correctement approvisionnés en eau. Afin d'aider à stimuler le processus et de mieux le conseiller, le PNUE collabore avec des organisations régionales pour réaliser une évaluation scientifique complète du bassin de l'Euphrate et du Tigre, ce qui devrait fournir les bases scientifiques pour une gestion améliorée des deux fleuves.


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Image Landsat des marais de la Mésopotamie en 1973-76

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Image Landsat des marais de la Mésopotamie en 2000

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